Régionalisation des chaines d’approvisionnement, un vœu pieux ?

La semaine passée, le ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, déclarait dans La Presse, vouloir réduire la dépendance envers la Chine dans des secteurs névralgiques. Il se serait entretenu avec ses homologues européens et américains pour réussir à pallier cette dépendance. 

Les chaînes d’approvisionnement à travers le monde vivent des pressions énormes et celles du Québec ne font pas exception. Je ne vous apprends probablement rien. Comme pour tout, la pandémie à mis en lumière plusieurs failles et de nombreuses entreprises à risque à travers pratiquement tous les secteurs.  

Oui relocaliser, tout le monde y aspire, mais ça prendra du temps. Défis économiques, pénurie de main d’œuvre et inflation font en sorte que à court terme, comme moyen terme, ce n’est pas possible. 

Améliorer la transparence, la collaboration et la visibilité entre les parties prenantes permet d’accéder aux informations en temps réel sur tous les processus qui se produisent avant et pendant le transport : planification, sourçage, production, manutention, transport et dernier tronçon de la livraison. Une visibilité complète de la chaine d’approvisionnement par l’entremise d’une tour de contrôle de la chaine logistique est primordiale.  

Mais, le chemin est long avant d’arriver à ce stade. Les entreprises se débattent depuis longtemps avec l’organisation complexe de la chaîne logistique, parce qu’elles s’appuient sur des systèmes disparates ou hérités et des processus manuels déconnectés. Les investissements en technologie et en digitalisation de la chaine logistique sont de plus en plus nécessaires, et ce dans l’ensemble de la chaine logistique, de l’approvisionnement à la distribution. 

La régionalisation (nearshoring) est importante, je suis d’accord, mais amènera son lot de complexité et de challenge, l’évaluation du réseau de distribution et d’approvisionnement demeura à évaluer afin de mitiger les risques de rupture de services futures. Il sera capital de réduire le temps de latence des informations pour créer une réelle visibilité de bout en bout afin que les parties prenantes puissent prendre des décisions optimales en temps réel, fondées sur des données fiables, accessibles, pouvant être mises à jour et analysées alors que les produits transitent de la commande, au fabricant, à l’expédition, à l’entrepôt, au centre de distribution ou aux rayons jusqu’aux clients. 

Ma question est donc la suivante: D’accord la relocalisation, mais comment ? Quels moyens allez-vous donner aux entreprises pour leur permettre dans un premier temps de revoir leur chaîne d’approvisionnement et dans un deuxième l’optimiser pour assurer une solution pérenne ? Tout problème est une opportunité d’amélioration, comment monsieur le ministre allez-vous encourager si je peux reprendre vos mots la mise en place de chaîne d’approvisionnement résiliente ? 

Daniel Vendette, Président de Conseil 2.0, Consultant chaîne d'approvisionnement et logistique, analyste logistique

Daniel Vendette

Président et consultant Conseil 2.0