Steven Poirier

Steven Poirier

Consultant - Approvisionnement

Récemment, un sujet m’a poussé à réfléchir : le domaine des pratiques d’approvisionnement durable. À une époque où la responsabilité sociale est au premier plan à travers le monde, il n’est donc pas surprenant que je me sois intéressé à ce sujet. Avec plus de 30 ans d’expérience dans le domaine de l’approvisionnement, je suis là pour vous guider à travers le monde complexe de l’approvisionnement durable.

Bien que mon parcours en approvisionnement ait été vaste, c’est l’émergence récente des pratiques d’approvisionnement durable qui a attiré mon attention sur leurs défis intrigants. J’explore comment intégrer efficacement mon expertise en approvisionnement avec les valeurs de durabilité.

Les avantages pour une entreprise

Dans ma quête pour comprendre l’approvisionnement durable d’un point de vue commercial, j’ai compris que ce n’est pas simplement un mot tendance. Son importance ne peut être sous-estimée, car elle peut conduire à de nombreux avantages, en particulier dans le monde des affaires et de l’approvisionnement. Le plus tangible, bien sûr, est l’économie de coûts. En choisissant des fournisseurs qui réduisent leurs déchets, minimisent la consommation d’énergie et opèrent de manière éthique, les entreprises peuvent améliorer leur rentabilité.

L’amélioration de la réputation est un autre avantage important. À une époque où les consommateurs conscients préfèrent les marques engagées en faveur de la durabilité, une stratégie solide en matière d’approvisionnement durable peut devenir un outil de marketing puissant.

De plus, nous ne pouvons pas négliger l’aspect de la gestion des risques de l’approvisionnement durable. Elle protège les entreprises des perturbations potentielles de la chaîne d’approvisionnement, des amendes réglementaires et des crises de relations publiques. Une stratégie robuste en matière d’approvisionnement durable peut être un rempart dans un monde imprévisible.

Par où commencer ?

La compréhension de l’approvisionnement durable exige l’adoption de l’approche du triple bilan, où les intérêts des personnes, de la planète et du profit convergent. Cette approche globale garantit que les décisions d’approvisionnement ne servent pas seulement le résultat financier, mais sont également alignées sur les objectifs mondiaux plus vastes en matière de durabilité. Elle nécessite que nous prenions en compte l’impact économique (Profit), social (Personnes) et environnemental (Planète) de nos décisions.

En approfondissant mes recherches, j’ai compris l’importance d’une structure solide. Elle englobe une série d’étapes complexes : évaluation, développement de stratégies, mise en œuvre, surveillance, transparence et amélioration continue. Sans cette feuille de route, on risque rapidement de se perdre dans le processus et de simplement remettre le projet de côté.

Alors, par où commencent les organisations novices en matière d’approvisionnement durable ? Les premières étapes consistent à évaluer les pratiques d’approvisionnement actuelles. Enquêtes auprès des fournisseurs, évaluations de l’impact environnemental et audits de l’approvisionnement éthique sont des outils essentiels pour reconstituer le tableau complet. De plus, la formation et l’éducation des employés sont essentielles pour construire une culture d’entreprise axée sur la durabilité.

Ensuite, nous fixons des objectifs clairs et SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Relevante, Temporels). Ces objectifs donnent à notre casse-tête de durabilité un cadre, nous guidant vers une image claire de ce que peut être le succès de l’approvisionnement durable et assurant que les organisations progressent dans la bonne direction. Le rôle des normes et des certifications, telles que le « Fair Trade » ou l’ISO 14001, est essentiel pour garantir le respect des pratiques durables.

Dans le casse-tête de l’approvisionnement, la mise en œuvre de stratégies durables équivaut à trouver les bonnes pièces qui s’emboîtent. Cela implique la sélection éthique des fournisseurs, l’approvisionnement responsable et l’analyse du cycle de vie complet des produits pour créer une image cohérente de la durabilité.

Enfin, le voyage ne s’achève pas avec la mise en œuvre initiale. L’approvisionnement durable est un processus continu, mettant l’accent sur la surveillance continue, les retours d’information et l’adaptation. L’objectif est de faire de la durabilité une partie intégrante de la culture de l’approvisionnement, où chaque décision d’approvisionnement reflète l’engagement envers les personnes, la planète et le profit.

En bref…

Les pratiques d’approvisionnement durable ne sont pas seulement une obligation morale ; elles sont un impératif stratégique. En intégrant la durabilité dans les stratégies d’approvisionnement, les entreprises peuvent atteindre le succès financier, améliorer leur réputation et se protéger contre les risques. En tant que spécialiste de l’approvisionnement, je suis là pour défendre la cause de l’approvisionnement durable, en aidant les organisations dans leur quête d’un avenir plus durable et prospère. Si vous souhaitez approfondir la question de l’approvisionnement durable et comprendre comment notre cabinet de conseil en approvisionnement peut vous aider à naviguer dans ce domaine essentiel, n’hésitez pas à nous contacter. Nous sommes là pour vous guider vers un avenir plus durable et prospère.

Année

2023

Type de projet

Inventaire

Économie

724K$

Réalisé par

Afef bouguerra
Audrey Lépine

Aperçu

Présentation client

Notre client est un acteur majeur de la distribution de pneus au Canada. Ayant connu une croissance importante ces dernières années, la compagnie possède aujourd’hui une vingtaine de centres de distribution. Suite à cette croissance rapide, notre client souhaite revoir ses processus et sa méthodologie de gestion des opérations pour s’adapter au nouveau volume d’affaires et à la complexité opérationnelle à laquelle il fait face.

En raison de la nature du produit, le client connaît une grande saisonnalité bi-annuelle dans ses opérations. De plus, lors de ces périodes de haute saison, les livraisons doivent être effectuées en moins de 3 heures. La disponibilité des produits est donc extrêmement importante pendant la haute saison.

De nombreux flux existaient entre chacun des dépôts pour assurer le réapprovisionnement des pneus, ou lorsque les produits d’une commande ne sont pas disponibles dans le centre de distribution concerné. Toutes ces manipulations et mouvements d’inventaire ont un impact sur la performance opérationnelle de l’entreprise et, par conséquent, sur les marges de profit des produits.

mandat

Conseil 2.0 a été mandaté pour évaluer l’efficacité opérationnelle de la chaîne d’approvisionnement de ce client. Au cours de cette mission, après avoir passé en revue les processus et analysé les données historiques, Conseil 2.0 a identifié des opportunités d’amélioration et a défini des recommandations de meilleures pratiques à mettre en place.

But recherché par le client

Le client souhaitait optimiser sa chaîne d’approvisionnement afin de réduire les frais tout en maintenant et en améliorant la qualité de service. L’équipe visait à améliorer l’efficacité opérationnelle dans toute l’organisation et à mettre en place les meilleures pratiques pour répondre à leurs besoins.

Exécution du mandat

Le client avait établi des routes de navettes entre les entrepôts pour le transfert des produits en cas de besoin. Cependant, certains entrepôts n’étaient pas directement reliés par une route de navette. Dans ces cas, les produits effectuaient jusqu’à 5 arrêts avant d’atteindre leur destination finale. Il y a deux types de mouvements de produits : le « Transfert commande », déclenché par une commande client avec au moins un arrêt du produit dans un entrepôt en cours de route, tandis que le « Transfert stock » est un mouvement déclenché par les paramètres de réapprovisionnement (prévention).

D’après nos analyses, 27% des commandes étaient satisfaites par des « Transferts commande », parmi lesquels 32% avaient plus d’un arrêt, et 24% des transferts concernaient les produits ultérieurement définis comme des « slow movers ». Nous avons donc conclu que le nombre de mouvements devait être considérablement réduit, et que le positionnement stratégique des stocks devait être revu pour répondre à la demande en déplaçant moins de stock entre les entrepôts.

Conseil 2.0 a décidé de mettre en place une classification de Pareto afin d’appliquer un positionnement stratégique des stocks et réduire les déplacements. En effet, une gestion intelligente des stocks permet, dans le cas présent, d’augmenter la disponibilité des produits « fast movers » dans tous les entrepôts et de réduire le nombre de mouvements et d’espace occupé par les produits à faible rotation, les « slow movers ».

Comme mentionné précédemment, les transferts sont trop nombreux entre les entrepôts et ont lieu entre chacun d’entre eux. Par conséquent, nous avons exprimé le besoin de définir des Hubs qui seront les principaux points de réapprovisionnement. Nous avons commencé par une analyse des données. Parmi les 20 dépôts, nous en avons identifié 4 majeurs qui serviront également de Hubs. Ces Hubs ont été sélectionnés en tenant compte de trois critères : la capacité de l’entrepôt, la localisation stratégique et le volume de ventes en 2022.

Grâce à l’utilisation de la classification de Pareto, nous avons créé trois catégories d’articles : A, B et C, dans le but d’identifier les produits à rotation rapide par rapport à ceux à rotation lente. Cet outil vise, au sein de ce projet, à repositionner les stocks de manière plus efficace. En outre, cette classification générale nous permet de comparer les entrepôts et d’identifier leurs particularités (géographiques, demandes, approvisionnements, etc.) afin d’adapter la stratégie de gestion des stocks.

En raison des importantes variations de la demande entre les entrepôts et du grand nombre de SKU, nous avons également réalisé une classification par entrepôt. Cela permet d’identifier les SKU qui ont très peu de ventes dans les dépôts concernés. Par conséquent, trois nouvelles catégories, C, D et E, ont été ajoutées pour mieux représenter les produits à rotation lente qui nécessitent un traitement différent. Beaucoup de mouvements sans valeur ajoutée étaient effectués sur ces produits. La demande étant très volatile et difficile à prévoir, ils engendraient davantage de manipulations, ce qui avait un impact significatif sur la marge de profit.

Afin d’optimiser le niveau de service de la compagnie, pour qui la disponibilité est très importante et saisonnière, tout en limitant les activités à valeur non ajoutée, nous avons proposé une méthode de gestion d’inventaire en fonction des classes. Nous avons retiré les D et E des petits dépôts pour les concentrer dans les Hubs. Les produits C seront stockés partiellement dans les petits entrepôts et le reste sera positionné dans les Hubs. Cela permettra d’augmenter les inventaires classés A et B dans les plus petits entrepôts.

La classification des produits a aussi permis de revoir les méthodes de réapprovisionnement en fonction des produits. Les produits fast mover seront réapprovisionnés en fonction de paramètres min/max dynamiques revus fréquemment en fonction de la saison du produit. Pour les produits à plus petite demande, l’approvisionnement initial en début de saison sera fait selon les règles de stockage mentionné ci-haut. Le réapprovisionnement en cours de saison sera effectué à travers les entrepôts identifié comme HUB uniquement.

Résultats

Schéma des routes avant mandat

Schéma des routes après mandat

Thibaut Maenner

Thibaut Maenner

Consultant - Approvisionnement

Les catastrophes naturelles, l’épuisement des ressources et le changement climatique ont un impact croissant sur notre planète. Les entreprises doivent agir concrètement pour réduire cet impact et respecter les droits humains tout au long de leur chaîne d’approvisionnement.

L’approvisionnement durable – Approche ESG

L’approvisionnement durable est étroitement lié aux enjeux ESG (Environnemental, Social, and gouvernance). En effet, les priorités des entreprises ont changé, surtout au cours des cinq dernières années. Les entreprises ne considèrent plus l’approvisionnement uniquement comme un moyen de réduire les coûts, mais aussi comme une opportunité d’avoir un impact positif. Des pratiques d’approvisionnement irresponsables, telles que la délocalisation excessive ou l’emploi de main-d’œuvre non éthique, doivent être abandonnées.

Pour réduire l’impact de la chaîne d’approvisionnement, il est essentiel de sélectionner des matériaux, des procédés et des modes de transport respectueux de l’environnement. De plus, il faut utiliser les ressources naturelles de manière responsable et veiller au respect des droits humains tout au long de la chaîne.

Collecter et analyser les données nécessaires pour évaluer l’impact de la chaîne d’approvisionnement était difficile par le passé. Surtout en raison des nombreux fournisseurs avec lesquels les entreprises travaillent, des produits différents qui compose leur gamme et du pilotage d’une telle masse d’information qui demandait d’énormes investissements. Cependant, l’émergence de technologies et de systèmes permet désormais de traiter ces informations de manière efficace et d’accéder à des données mondiales.

En mai dernier, l’équipe de C2.0 a participé au colloque sur les critères ESG relatifs à la chaîne d’approvisionnement, qui s’est tenu à Orlando, en Floride, dans le cadre du Gartner SCM. L’un des points cruciaux abordés lors de cet événement était la disponibilité des données. Malgré l’évolution des technologies, les données fournies par les fournisseurs et internes restent très limitées, ce qui pose un défi pour évaluer avec précision l’impact et les bénéfices associés aux critères ESG liés aux approvisionnements.

Les leviers pour baisser l’impact de notre chaîne d’approvisionnement

Il est essentiel d’impliquer tous les niveaux de l’organisation dans les objectifs ESG et de fixer des objectifs mesurables. Il est également important d’engager les fournisseurs, de trouver un équilibre entre les coûts engagés et les impacts évités, et de mettre en place des programmes durables pour garantir des résultats significatifs. Concernant les objectifs, des indicateurs comme les émissions de CO2/km des produits achetés, le % d’emballages recyclés utilisés ou encore la part de fournisseurs certifier à un label ESG sont autant de facteurs sur lesquels les compagnies peuvent s’engager à progresser.

Si le volet financier est un levier essentiel, l’application d’une optique de durabilité en plus du prix peut permettre de faire une bonne affaire tout en garantissant d’autres résultats. Exemple concret : une entreprise de biens de consommation a réalisé des économies d’électricité de 0,4 milliard de dollars et une réduction de 12 % de l’empreinte en équivalent dioxyde de carbone (CO2e) en utilisant des approches axées sur la durabilité.

Les outils digitaux, tels que les solutions d’achat intégrées (S2P) et les plateformes de gestion des achats (P2P), offrent des opportunités pour appliquer efficacement ces principes dans les opérations quotidiennes de l’approvisionnement. Ils permettent de sélectionner des fournisseurs engagés dans le développement durable, de suivre les objectifs de neutralité carbone des fournisseurs, et de mettre en avant des produits durables.

En conclusion, l’utilisation des solutions digitales d’achat et l’engagement de tous les collaborateurs peuvent aider les entreprises à ancrer leur démarche dans une approche vertueuse et responsable, tout en contribuant à un avenir durable pour notre planète.

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